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HISTOIRE DE DIX AXS.
signes de la plus vive émotion. Le ministre était plusagité encore, sa bouche écumait, et M. Milleret apprit delui, à l’instant, que l’ambassadeur de Russie ayant osé seservir de cette expression hautaine • « L’empereur, mon« maître, ne veut pas... », il lui avait répondu: « Dites« à votre maître que la France n’a pas d'ordres à rece-« voir, et que, Casimir Périer vivant, elle ne prendra« conseil, pour agir, que d’elle-même et de son hon-« ncur. » En prononçant ces mots, Casimir Périer avaitle visage extrêmement, animé. Il retomba épuisé sur sonfauteuil; et comme M. Milleret essayait de le calmer, ilfut pris d'un attendrissement soudain, et s’écria en mon-trant sur sa personne les empreintes déjà visibles de lamort: « Ah ! je suis perdu ! Ils m’ont tué! »
La maladie du président du conseil s'aggravant de jouren jour, il fallait lui choisir un successeur temporaire :M. de Montalivet fut chargé par intérim du ministère del'intérieur. L’ordonnance rendue à ce sujet était en datedu 17 avril; le 16 mai Casimir Périer n’était plus. Le roiécrivit à la famille en termes convenables, et il dit à unde ses intimes: « Casimir Périer est mort : est-ce un« bien, est-ce un mal? l'avenir nous l’apprendra. »
Le jour même où Casimir Périer mourut on ensevelis-sait Georges Cuvier , victime d’une maladie qui n’étaitpoint le choléra-morbus. Georges Cuvier fut l'honneur deson pays, l’honneur de son siècle, et il y aura place, à lafin de cet ouvrage, pour l’exposition de ses travaux im-mortels. Ses funérailles, cependant, n’eurent pas l’éclat decelles que les passions politiques avaient préparées auprésident du conseil. Plusieurs personnages considérables,parmi lesquels M. Royer-Collard, prononcèrent des dis-