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HISTOIRE RE DIX ANS.
d'entretenir avec les Puissances des relations diplomati-ques quelconques. Mais cette opinion n’était celle ni duroi de Sardaigne ni du maréchal Bourmont. Un fils dumaréchal fut donc envoyé au prince d’Orange, et M. deChoulot à l’empereur de Russie .
M. de Bourmont fils était chargé de faire connaître auprince royal de Hollande les projets et les espérances dela duchesse de Berri, qui, instruite des difficultés soule-vées par la question belge , comptait sur une diversionpropre à attirer vers la frontière du nord les troupes deLouis-Philippe . Le prince d’Orange parut très-étonné dela confiance que la duchesse de Berri avait dans les forcesdu parti légitimiste, et l’on ne put lui arracher que cesmots : « Pour nous, nous sommes prêts. »
Quant à M. de Choulot, il ne dut qu’à son énergiquepersistance d’être admis auprès de l’empereur de Russie .Les plus minutieuses précautions avaient été prises pourdérober au corps diplomatique le secret de cette entre-vue. L’empereur accueillit d’abord M. de Choulot avecquelque froideur; mais quand il sut quelles étaient lesidées et les ressources de la duchesse de Berri, il se mon-tra moins réservé, promit l’appui moral qu’on lui deman-dait, et s’ouvrit librement de ses griefs contre Louis-Philippe , ajoutant qu’il avait les mains liées par la timiditédu cabinet de Berlin , non moins que par les oscillations del’Autriche .
Telles étaient, par rapport au parti légitimiste, les dis-positions des monarchies absolutistes du continent. Onrisquait de les irriter en agissant en dehors de leur in-fluence; on risquait, en subissant cette influence, dedéshonorer la cause de Henri V. Funeste alternative qui,