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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

premier rang, un jeune homme qui agitait un mouchoirau bout d'un sarment. Il ordonne à ses soldats de seformer, se porte lui-même en avant, et tandis que le ras-semblement se dispersait, on arrêtait MM. de Candole, deBermond et de Lachau, qui s’étaient trouvés séparés deleurs compagnons. A une heure, un billet fut remis à laduchesse de Berri, dans sa retraite; il ne contenait quecet avertissement laconique : « Le mouvement a manqué,« il faut sortir de France . »

La duchesse de Berri fut attristée, mais non pas abattue.Fille voulait d'abord gagner l’Espagne pour se rendre delà en Vendée . On lui représenta que la tempête grondaitencore; qu'aucune barque ne pouvait en un pareil mo-ment se risquer sur les flots; que, d’ailleurs, l’éveil avantété donné, le rivage était couvert de douaniers attentifs.Elle résolut alors de parvenir dans la Vendée en traver-sant la France , et rien ne fut capable d’ébranler sur cepoint sa résolution. A Massa, elle avait eu un songe danslequel le duc de Berri lui était apparu et lui avait dit ;« J'approuve vos projets; mais vous ne réussirez pas« dans le Midi ; vous n'aurez du succès qu’en Vendée . »Ce songe avait produit sur elle une impression profondeque les derniers événements n'étaient pas de nature àaffaiblir. Elle quitta donc son asile, s'égara dans les bois,fut obligée de passer la nuit dans une misérable huttedont il fallut enfoncer la porte, et alla enfin se réfugierchez un républicain, auquel elle se présenta en disant ;« Je suis la duchesse de Berri. » Le républicain offrit unehospitalité discrète et généreuse à cette mère fugitive d’unprétendant. Le 2 mai, à cinq heures du soir, elle entraitdans le château deM. de Bonrecueil, un de ses partisan^