HISTOIRE DE DIX ANS.
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Marseille, où on les plaça sous mandat de dépôt après lesavoir interrogés. Quant à la fausse duchesse de Berri, onse disposait à lui faire prendre, sur la Bellone, la routed'Holy-Rood, lorsqu’un aide-de-camp du roi, M. d'IIoude-tot, qui était accouru de Toulon pour voir la princesse,découvrit l'erreur et sauva ainsi le gouvernement du ridi-cule d’une mystification complète.
Mais déjà l’erreur propagée par le télégraphe avait portéses fruits ; et tandis qu'à Paris on s'occupait exclusive-ment de la dame voilée du Carlo-Alberto , tandis qu’on ydiscutait avec une vivacité sans égale la question de savoirsi on ferait peser sur la duchesse de Berri, factieuse etprisonnière, le niveau de l’égalité, la princesse traversaitla France en chaise de poste, passant inaperçue au milieudes gendarmes, présentant ici M. de Lorge comme sonmari, le faisant passer ailleurs pour son domestique, ets'amusant de toutes ces ruses, de tous ces périls.
C'est ainsi qu'elle arriva au château de Plassac, près deSaintes , et là fut rédigé l’ordre qui fixait au 24 mai laprise d'armes.
Un avocat de Nantes , M. Guibourg, partit porteur de cetordre, et la duchesse de Berri ne tarda pas à le suivre. Le17 mai à neuf heures du matin, elle arrivait au chàleaudelà Preuille, prèsde Montaigu. Une substitution semblableà celle qui avait eu lieu à Massa trompa le postillon, quipartit pour Nantes sans savoir qu'il laissait derrière lui laguerre civile.
Quelques jours après, la duchesse de Berri montait encroupe de M. de la Roche Saint-André ; et, suivie de M. deMesnard, elle se rendait aux Mesliers, métairie qui allaitlui servir d’asile. Elle avait revêtu le costume des jeunes