CHAPITRE VI.
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moment était donc venu pour la duchesse de Berri de neplus songer qu’à sauver ses jours ou sa liberté. Nantes était hostile à sa cause : il était peu probable que le gou-vernement pensât à diriger de ce côté sa surveillance. Cefut ce motif qui poussa la princesse à choisir la ville deNantes pour refuge. Elle y entra vêtue en paysanne, etaccompagnée de M 11 ' Eulalie de Kersabiec, que protégeaitun déguisement semblable. Plus tard, nous la retrouve-rons dans l'asile où un misérable devait la livrer à sesennemis.
Ainsi fut étouffé le soulèvement de l'Ouest. Coïncidantavec une iusurrection républicaine, nul doute qu’il n’eùtmis la dynastie d'Orléans à deux doigts de sa perte, s'il yavait eu accord entre les chefs. Mais, dans ce cas, queserait-il arrivé? Le parti légitimiste aurait-il profité de lavictoire? Pour faire revivre l’aristocratie, une aristocratieayant son symbole dans la royauté et ses bases dans uneconstitution nouvelle de la propriété territoriale; poursubstituer le système de l'élection indirecte à celui del’élection directe, et les états-généraux aux modernes as-semblées; pour détruire, au profit des grandes influenceslocales, la centralisation politique fondée parla Conven-tion et la centralisation administrative établie par l'Empire,aurait-il donc sufïi que la mère du duc de Bordeaux seprésentât tenant d'une main un drapeau blanc, et del'autre les ordonnances préparées à Massa, ordonnancesqui, ramenant la France à 1788, tendaient à supprimerdans notre histoire quarante ans de révolutions et de com-bats? Et sur quelles forces se serait appuyée cette Restau-ration un moment victorieuse? Sur les intérêts matériels?ils constituaient la puissance de la bourgeoisie, par qui la