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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

nérai, et tous les mécontents sentaient la nécessité d'as-socier leurs ressentiments, leurs espérances, dans unéclatant et suprême effort.

Ce fut sous lempire de ces dispositions que, dans lecourant du mois de mai, M. Laffitte convoqua chez luitous les députés de l'Opposition présents à Paris . Ils se-réunirent au nombre de quarante environ -, et M. Laffitteproposa une adresse au roi. Mais M. Garnier-Pagès com-battit cette proposition par des raisons décisives. Etait-ilraisonnablement permis despérer que la royauté savoue-rait coupable? Pourquoi se donner le tort dune démarcheinutile ? Pourquoi sexposer à une humiliation trop pré-vue? 11 n'y avait qu'un tribunal auquel lOpposition putsadresser avec dignité : le tribunal de la nation. Ces mo-tifs furent goûtés. Sur la proposition de M. Charles Comte ,on décida que lOpposition présenterait ses griefs au payssous forme decompte-rendu ; on nomma une commissioncomposée de MM. de Lafayette, de Cormenin , Laffitte,Odilon Barrot , Mauguin, Charles Comte ; et cette commis-sion chargea MM. de Cormenin et Odilon Barrot de rédi-ger chacun séparément un projet de compte-rendu. Entreles deux rédacteurs choisis l'accord était difficile. Le ma-nifeste de M. de Cormenin parut trop hardi aux députésde l'Opposion dynastique; dans celui de M. Odilon Bar­ rot , M. Garnier-Pagès releva certaines expressions quisemblaient enchaîner à la monarchiel'avenir de la France .Il fallut fondre les deux projets. MM. de Cormenin et Bar-rot partirent pour Saint-Cloud , et ce fut dans le parc, àquelques pas du château d Charles X était sorti vaincu,que fut préparée contre son successeur cette protestationdevenue si célèbre. Assis au pied dun arbre, M. de Cor-