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Tome troisième.
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H1ST0IHK DE DIX ANS.

multipliant par leur audace et partout présents à la fois.Rien de comparable à la rapidité de cette invasion : troisheures après le commencement de l'attaque, la moitié dela ville était au pouvoir des insurgés.

Sur la rive gauche de la Seine, deux cents hommesavaient investi la caserne des vétérans. Leur chef, artilleurde la garde nationale, escalade la caserne; arrivé dans lacour, où les soldats sont rangés en bataille, il s’aperçoitqu’il n'est pas suivi, redouble de hardiesse, court au com-mandant. et lui demande son épée. « J'ai vingt ans de sér-ie vice, répond l’officier : on ne m'arrachera mon épée« qu'avec la vie. —(lardez votre épée. Mais entendez-vous« la fusillade? (’/est à nous qu'est la force, et je com-« mande ici. » Le jeune homme s'empare en effet ducommandement, et déjà les soldats mettaientbasles armes,quand sept ou huit insurgés s’élancent dans la caserne, aumilieu du plus effroyable désordre. Les vétérans se croientsur le point d’ètre massacrés, ils se mettent en défense,et repoussent les assaillants dont la plupart n’étaient ar-més que de pistolets ou de bâtons. Deux détachements degardes municipaux accouraient de Sainte-Pélagie, pardeux routes différentes, pour délivrer la caserne. Le pre-mier essuie dans la rue d’Orléans un feu très-vif et perdson capitaine, M. Turpin. Le second, commandé par le lieu-tenant Sénancourt, gagne la caserne qu’il dégage; maisbientôt, apprenant que Sainte-Pélagie est menacée, lesgardes municipaux y retournent à pas précipités emme-nant avec eux les vétérans. Non loin de là, et sur la placeMaubert, où un poste venait d’ètre en partie égorgé, unengagement'avait lieu entre les insurgés et un peloton decavalerie, soutenu par des fantassins ; la poudrière des