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Tome troisième.
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HISTOIRE l>E DIX ANS.

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aux soldats, ils étaient en proie à une démoralisationmanifeste ; car le souvenir de 1830 revivait en traits dellammes dans leur esprit incertain; ils croyaient en-tendre les cris de reconnaissance et d’enthousiasme quiavaient accueilli au 29 juillet la défection du 53 e de ligne ;et l'uniforme delà garde nationale, qu'ils voyaient brillerdans les groupes d'insurgés, les frappait de stupeur et derespect. Dans la rue Culture-Sainte-Catherine, les sapeurs-pompiers démontèrent et cachèrent leurs fusils pour n'avoirpas à s’en servir contre une colonne qui venait s’emparer dela caserne. De leur côté, les gardes nationaux se réunis-saient en petit nombre, et, quoique l’ensemble de la bour-geoisie fût opposé au mouvement, le rappel, dans beau-coup de quartiers, ne faisait qu’éveiller ce sentiment d'an-goisse particulier aux guerres civiles. Et même parmi ceuxqui descendaient dans la rue pour y combattre l'insur-rection, les plus généreux avaient peine à se défendre decelte sympathie impérieuse qu'inspirent les grands cou-rages. Il yen eut, dans cette soirée, des preuves singulières.Huit insurgés revenant de la place Maubertse présentent,au déclin du jour, à un des ponts de la cité qu’occupetout un bataillon de garde nationale. Ils réclament avecautorité le droit d'aller rejoindre leurs amis, combattantsde l'autre rive ; et comme on hésite à leur livrer passage,ils s'avancent résolument sur le pont la baïonnette enavant Les gardes nationaux se rangèrent pour laisserpasser ces huit hommes, admirant et déplorant leur foliehéroïque. Voilà ce qu'étaient les insurgés, et l'on peutjuger par ce trait de la puissance qu'ils tiraient de leurbravoure.

Aussi le gouvernement était-il dans un cruel état d’in-