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Tome troisième.
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CHAPITRE VH.

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Mais déjà la face des choses commençait à changer. Ledéfaut de direction menaçait de tout compromettre. Dansle salon de M. Laffitte, quelques députés de l'Oppositionétaient occupés à se répandre en vains discours, et don-naient des signes d'effroi que condamnait la sérénité deM. Laffitte, toujours calme dans le péril. Les ministresallaient être informés par leurs émissaires de l'inaction deLafayette et des hésitations du maréchal Clauzel. Desmandats d'arrêt étaient lancés contre MM. Cabet , Labois-sière et Garnier-Pagès . Les divers corps de l'armée im-mense qui pesait sur Paris , commençaient à ne plus croireà une seconde révolution de juillet, en entendant les crisde Vive la troupe! qu’avaient soin de pousser, en défilantdevant eux, les bataillons bourgeois envoyés contre lesinsurgés. Ceux-ci, d’autre part, se décourageaient, sedispersaient, en apprenant que les chefs étaient peu dis-posés à jouer cette sanglante partie, et que l’autorité desnoms manquerait, peut-être, à la révolte. Pour multiplierles défections et contenir le peuple, des agents de policefirent partout circuler le bruit que l’insurrection était car-liste. Hardi mensonge qui, repoussé par les uns , futaccueilli par les autres sans défiance, et enflamma decolère la garde nationale delà banlieue, que le gouverne-ment poussa dans Paris rugissante et trompée.

D'un autre côté, parmi les plus hauts personnages de laCour, les dignitaires, les députés ministériels, les géné-raux, la terreur était extrême. C’était M. Thiers qui, dansla soirée du 5 juin, semblait présider à tous les prépara-tifs de la défense. Entouré pendant quelque temps, à l’é-tat-majordela garde nationale, deMM. Béranger, Kératry,Madier-Montjau , Voysin de Cartempe, il faisait distribuer