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Tome troisième.
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CHAPITRE Vil.

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et qui leur devait servir tout à la fois de quartier-général,de citadelle, d’ambulance. La position était bien choisie :si on l’abordait de front par la rue Aubry-le-Boucher, ontombait sous le feu parti des croisées du quartier-général 5si on l'attaquait de revers, il fallait affronter les combat-tants postés dans l'intérieur des barricades, hommes exer-cés qui donnaient la mort d'une main sûre, et qu'animaitun courage extraordinaire. Dans la soirée du 5 juin, unecolonne de gardes nationaux qui éclairait la rue Saint-Martin vint se heurter à la barricade. « Qui vive? crie la« sentinelle. — Amis. — Êtes-vous républicains ? —« Oui. » L’air fut ébranlé par de joyeuses acclamations -,et un insurgé nommé Rossignol s’avança pour conféreravec le chef de la colonne; mais, à l'instant même, desgardes nationaux s'élançaient sur la barricade en criant :« Ah ! brigands, nous vous tenons entin « ; etde soncôtéle capitaine sedisposaità faireprisonnierle parlementaire.Alors, celui-ci se retourne vers les siens, et, quoiqu'un telcommandement semblât l’exposer à une mort inévitable,il s’écrie avec intrépidité: « Feu! mes amis. » Une dé-charge partit de l'intérieur des barricades et renversa cinqhommes. Les assaillants ayant fait feu à leur tour, un deschefs de la barricade reçut une balle dans les reins ; maisla colonne dut reculer et se dispersa. A cette premièrerencontre succédèrent deux attaques qui furent repousséesavec beaucoup de vigueur. Et ce n’étaient là que les pré-ludes d'une lutte terrible. Les insurgés s’y préparèrentavec un sang-froid surprenant. Tandis que, sous les ordresd'un décoré de juillet nommé Jeanne, les uns s’établis-saient au poste de la rue, les autres , installés dans lamaison n° 30 et réunis dans la loge du concierge, atten-