Band 
Tome troisième.
Seite
297
JPEG-Download
 

CHAPITRE Vil.

297

de leur petit nombre et parce que la position était tropfaible pour qu’il fût possible de la défendre.

Le 6 juin, il n’y avait plus d'insurgés que sur la placede la Bastille , à l’entrée du faubourg Saint-Antoine, etdans les rues Saint-Martin, Saint-Méry, Aubry-le-Boueher,Planche-Mibray et desArcis. Or, pour vaincre l'insurrec-tion ainsi refoulée dans deux quartiers, le gouvernements’épuisait en efforts prodigieux. Dès six heures du matin,la place Louis XV était encombrée par l’artillerie ; deuxbataillons accouraient de Saint-Cloud pour se joindre àceux dont la capitale était inondée; enfin, un régimentd'infanterie et trois régiments de cavalerie entraient àParis, venant de Versailles et traînant du canon.

Mais tout cela ne suffisait pas encore pour rassurer en-tièrement la Cour. Les Tuileries avaient à peu près lemême aspect que la veille. On y comptait les hommesmarquants qui étaient venus offrir leurs services, et ilrégnait sur le visage des personnes présentes je ne saisquel air de contrainte. Quand on fut pour distribuer lescommandements des diverses brigades, la plupart des chefsse trouvaient absents. Un général, connu pour son éner-gie, le général Excelmans, refusa de servir sous les ordresdu général Pajol, son égal, regardant l'invitation qu’onlui adressait à cet égard comme une insulte à ses épau-lettes ; et entre lui et le maréchal Soult, il s’éleva, dansla galerie de Diane, une altercation très-vive, dont la fa-mille royale put entendre les éclats. Le roi montrait beau-coup de sérénité. Rompu à l’art de veiller surlui-mème, ilapportait une aisance parfaite dans ses manières et dansses discours, soit qu’il voulût répandre autour de lui laconfiance, soit qu’il comprit que la révolte touchait à sa