CHAPITRE VU.
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plutôt quecellede l'injustice, et, sous prétexte de détruirela tyrannie, l’espoir impatient de la déplacer. Un gouver-nement républicain aurait donc eu tout à la fois la sociétéà refondre, les partis à modérer, le peuple à satisfaire et àcontenir, la classe opulente à soumettre sans la dépouiller,l’Europe à vaincre, l’Europe sur ses gardes, vigilante,armée. Or, pour suffire à une situation semblable, quellesétaient les forces du parti républicain? Parti de minorité,il était en butte à des préventions, injustes pour la plupart,mais opiniâtres ; il se laissait plus volontiers gouvernerpar ses sentiments que par ses idées; son chef nominal,M. de Lafayette, avait besoin et avait peur d’ètre dépassé;et quant à ses véritables chefs, outre qu’ils auraient eu àcompter avec les rivalités du dedans et les haines dudehors, ils n’avaient pas encore fait sur l’état social desétudes assez approfondies pour puiser dans la régénérationde la société les éléments de leur influence et leurs moyensde gouvernement. Donc, au point où deux ans de règneavaient conduit les choses, et à n’interroger que les appa-rences, le despotisme en 1832 était plus probable que laliberté, et il eût été, ce semble, plus facile de recommen-cer Bonaparte que Washington . Mais quoi! n’est-il jamaisarrivé aux révolutions de tirer de leur propre fonds lesressources qui leur conviennent? En général, on ne tientpas assez compte de tout ce que les sociétés mal organiséesrecèlent d’idées prêtes à éclore, de tout ce qu’elles ren-ferment de grands hommes sans emploi. Cet homme quia vécu et qui meurt sous un habit de paysan ou de soldat,c’était mieux que Cromwell , peut-être ! D'ailleurs, quelqueorageuses qu’eussent pu être les destinées faites à notrepays par la république, jamais, du moins, elles ne nous