CHAPITRE IX.
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Le général Chassé ayant répondu qu’il était résolu à sedéfendre, le siège commença. L’ardeur et la gaîté du sol-dat étaient au comble. Mais ce n’était pas l’ennemi seule-ment que nous avions à combattre, c’était la saison ; et lesAnglais avaient calculé juste. 11 fallut établir la tranchéesur un terrain qui, très-mou de sa nature, était en outredélayé par les pluies. En certains endroits, on enfonçaitde deux pieds dans la boue. Cet état de choses exigeaitdes travaux préparatoires considérables : le général Neigrelit acheter à Anvers 300’madriers, qui, avec un grandnombre de fascines, devaient rendre la tranchée plus abor-dable; et, grâce à des efforts inouïs, toutes les batteriesreçurent leur armement dans la nuit du 2 au 3 décembre,à l’exceptipn pourtant de celles de gauche portant lesn 05 7 et 8. Les pièces destinées à ces deux dernières bat-teries ne purent être conduites que la nuit suivante, en-core fut-on obligé, au lieu de prendre la voie ordinairede la tranchée, de couper la tranchée elle-même, de ser-tir de la parallèle, et de faire entrer les pièces par la cam-pagne en passant sous le feu de la citadelle. L’emploi d'untel moyen était extrêmement périlleux : il fut néanmoinscouronné d’un plein succès; et les travaux admirablesqui, sous la direction du général Neigre, furent exécutéspour l’armement complet de nos batteries, prouvèrent qu'iln’était rien qu’on ne pût attendre de l’intelligence et del’activité des artilleurs français .
Le 4 décembre à onze heures, le feu contre la citadellecommença, nourri par 82 pièces qui bientôt furent portéesà 104, dont la moitié lançait des projectiles creux. LesHollandais avaient faiblement défendu les approches de lacitadelle; mais le 4 décembre, leur feu devint beaucoup