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HISTOIRE DE DIX AXS.
plus vif que les jours précédents, et alors commença, deleur part, cette résistance opiniâtre qui devait honorer leurdéfaite et notre triomphe. Dans la nuit du 5 au 6, ils dé-garnirent de ses pièces, pour les placer devant le bastionde Tolède et la lunette de Kiel , cette partie de la face deleurs ouvrages qui regardait la ville, et leur feu devint deplus en plus meurtrier.
D'un autrecôté, le général Chassé tenait continuellementsuspendue sur Anvers la menace d'un bombardement.Aussi cette ville présentait-elle le spectacle le plus lamen-table. Partout des canons, des barricades, l'image de laguerre; partout la terreur. Les habitants se croyaientchaque jour à la veille de voir leur cité réduite en cendres,et ceux que l’excès de leurs appréhensions ne poussaitpas à un départ précipité, cachaient dans les caves leurargent, leurs meubles, leurs effets les plus précieux. Pourconjurer des calamités qui paraissaient imminentes, lemaréchal Gérard invoqua tour à tour, dans ses lettres augénéral Chassé , les lois de la guerre, les droits de l'huma-nité, les exemples fournis par l'histoire; puisqu’il se rési-gnait à n'attaquer la citadelle que du côté de la campagne,n'élait-il pas en droit d'exiger que la citadelle épargnâtla ville? Mais le général Chassé demandait que les Fran-çais s’abstinssent de faire concourir à leurs opérations,même lesouvrages extérieurs, même le fort deMontebcllo.Or, souscrire à une condition semblable c’eût été com-promettre follement le succès du siège. De sorte que lamenace subsistait toujours, quoique les Hollandais n'osas-sent jamais l'exécuter. L’auraient-ils pu sans violer les loisde la guerre? Ce qui est hors de doute, c'est qu'il eutsufli de deux ou trois bombes lancées sur Anvers , pour