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Tome troisième.
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CHAPITRE IX.

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renverser l'échafaudage de ruses si laborieusement élevépar la diplomatie. Car, dans ce cas, une plus longue inac-tion de la part des Belges devenait impossible, et leurselïorts unis aux nôtres imprimaient à la lutte un caractèretout opposé à celui qu'avaient prétendu lui donner lescombinaisons diplomatiques. Cette simple remarque peutfaire apprécier à leur juste valeur les hommes d'État de laConférence, et M. de Talleyrand leur complice.

Quoi qu'il en soit, réduit à l'attaque extérieure, le ma-réchal Gérard comprit qu'il était indispensable d'isoler lacitadelle en lui fermant lEscaut. Le général Sébaslianioccupait les digues de la rive gauche du Bas-Escaut, et legénéral Achard la rive droite. Les Français armèrent lefort Sainte-Marie et se mirent en devoir d'armer le fortSaint-Philippe, de manière à dominer le cours du fleuve.La (lotte hollandaise savança pour troubler les opérationsde larmée assiégeante, et après de vaines sommations,commença une canonnade qui fut sans effet, nos postesétant couverts par les digues. Le 8 décembre une frégate,une corvette et douze canonnières hollandaises se présen-tèrent au fort Frédéric, occupé par un détachement du 22' 1 .Sommation dévacuer le fort fut aussitôt faiteau capitaine,et, sur son refus, les Hollandais, à la faveur dun feu très-nourri, firent des préparatifs de débarquement. Mais cestentatives furent vaillamment repoussées par quatre com-pagnies du 22 e . Larmement du fort Philippe ne tarda pasà avoir lieu ; deux mortiers furent placés en permanenceau fort Lacroix, qui ne cessait d'inquiéter le feu de la(lotte; et le maréchal Gérard prit toutes les mesures con-venables pour isoler la citadelle et empêcher la rupturedes digues.