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HISTOIRE DE DIX ANS.
En même temps, nos postes de la rive gauche et (le la .rive droite s'approchaient des forts Liefkenskoëk et Lillo;mais ces points ayant été mis en parfait état de défense,et se trouvant d’ailleurs entourés au loin d'inondationsqu’on ne traversait que sur un défilé, on ne pouvait son-ger ni à les assiéger ni à les surprendre.
Cependant, les attaques dirigées par les Français contrele corps de la citadelle, étaient poussées avec une ardeurmerveilleuse. Malheureusement, la pleine lune, en rame-nant un temps plus sec, venait donner pendant la nuit tropde clarté pour des travaux faits à petite portée de mous-queterie. Sans compter que la garnison se défendait vi-goureusement et accablait nos travailleurs d’une grêle deboulets, d’obus, de bombes ordinaires et de petites bombesdites à la Coëhorn. Mais le feu des batteries françaises futdirigé avec tant de constance et de précision que les Hollan-dais se virent contraints de chercher abri dans les case-mates. Bientôt les communications d’un bastion à l'autre nese firent plus que sous terre ; et, sauf le nombre d'hommesstrictement nécessaire au service des batteries, on ne vitplus personne circuler dans l’intérieur de la citadelle.
Le 13 décembre, le siège se trouvait déjà fort avancé.Le progrès des travaux'du génie, devant la lunette Saint-Laurent, avait permis d’établir un radeau sur le fossé, àla face gauche, et d’attacher le mineur à l’escarpe, prèsdu saillant. Le travail, retardé pendant les deux premièresnuits par l’extrême dureté de la maçonnerie, avait été re-pris avec constance et touchait à son terme. Le feu denos batteries et celui de la mousqueterie furent entretenusdès le matin, de manière à occuper l’attention de l’en-nemi ; et le maréchal-de-camp Georges, qui était de tran-