CHAPITRE IX.
423
chée avec le 65' régiment d’infanterie, reçut le dispositifde l’attaque pour le soir. Le génie avait construit troisnouveaux radeaux pour les joindre au premier; et, pourfaire un pont qui, au moment de l’explosion de la mine,conduisît nos soldatsjusqu’à la brèche, on avait entreprisde combler avec des fascines garnies de pierres le restede la largeur du fossé. Ces travaux exigeaient une grandeprécision de détails : ils ne furent achevés que très-avantdans la nuit ; et l’on put craindre qu’après être entrés dansla lunette, nous n’eussions pas le temps d’y faire, à lafaveur des ténèbres, un établissement solide. Cependant,l’entreprise conduite par le général Haxo eut tout le succèsqu’il était permis d’attendre de cet habile officier. Le 14,à cinq heures du matin, la mine sautait, ouvrant auxFrançais une brèche très-accessible. L’ordre d’aller la re-connaître en montant sur le sommet fut donné au lieute-nant-colonel Vaillant et au garde du génie Négrier. Aleur retour, et sur leur rapport, trois compagnies d’élitedu 65' se mettent en mouvement; la 2 e de grenadiers,commandée par le lieutenant Duverger, et la 3' de volti-geurs, commandée par le capitaine Courant, se portenten silence sur les radeaux et les décombres du rempart,pendant que, sous la conduite de l’adjudant de tranchéeCaries , du 61', vingt-cinq grenadiers tournent la lunettepar la face droite, munis d’échelles, et se dirigent à lagorge, pour escalader ou pour franchir la barrière. Enmême temps une autre compagnie de voltigeurs, celle ducapitaine Montigny. débouche par la droite, afin d’atta-quer aussi la lunette à la gorge et de fermer toute retraiteà la garnison. On a recommandé aux soldats de ne pastirer : ils marchent à la baïonnette, couronnent la brèche,