CHAPITRE IX.
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les peuples opprimés ! Car c’est la gloire éternelle de lanation française d’avoir constamment représenté, au mi-lieu de la fluctuation des choses humaines, le principe dudévoûment. Que la mission formidable qu’elle se donnavers la fin du XVIII' siècle eût laissé en Europe une longueimpression d’épouvante, on le conçoit; et pourtant ce nefut pas pour elle seule qu’elle agit, lorsque, furieuse etsublime, elle se mit à secouer les trônes et à'prècher laliberté universelle, sans que rien fût capable de l’arrêter,ni la ligue de toutes les monarchies, ni l’Angleterre épui-sant contre nous son opulence et sa haine, ni les passionslesplus fougueuses déchaînées sur la face entière du globe,ni enfin cette nécessité terrible de pourvoir au salut com-mun à force de frapper et de vaincre !
Voilà ce que n’auraient jamais dû oublier ceux qui,après la révolution de juillet, nous accusaient de nourrirun pernicieux esprit de conquête; et voilà ce qui rendaitodieusement hypocrites ces défiances de la diplomatie dontle Cabinet des Tuileries n’eut pas honte, dans la campagned’Anvers , d’accepter, de subir l’affront. Car, si le siège dela citadelle d’Anvers fut, sous le rapport militaire, un évé-nement glorieux, il ne fut, sous le rapport diplomatique,qu’une mystification cruelle. Il n’eut, en effet, pour butque de nous employer nous-mêmes au triomphe des ini-mitiés dont nous étions l’objet ; il éleva entre le peuplebelge et nous une insurmontable barrière; par les condi-tions que la diplomatie nous imposa, il perdit cette appa-rence de campagne révolutionnaire qu’il eût été si impor-tant de lui conserver : en un mot, accompli sous l’œildes soldats prussiens, immobiles le long de la Meuse , il fitdes soldats de la France les instruments d’un intérêt tout