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Tome quatrième.
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HISTOIRE UE DIX ANS.

Mais cette révélation des faiblesses d'une femme n’étaitpas seulement honteuse, elle était impolitique, car l'avan-tage momentané que les ministres pouvaient retirer de ladéconsidération du parti légitimiste était loin de racheterle tort durable qu'ils faisaient au principe monarchiquepar l'avilissement d’une maison de rois.

Aussi bien, l’effet trompa les prévisions du pouvoir.Aux yeux de tous les gens honnêtes, le scandale de lafaute avouée fut comme couvert par celui de la publicitéqu’on lui donnait. Les républicains ne s'élevèrent quecontre l’atteinte portée par le Pouvoir à la sainteté desliens du sang, aussi généreux à l'égard de la princessecaptive qu’ils venaient de se montrer terrible à son parti.Pour cequi est des légitimistes, ils nièrent l'autbenticitédela déclaration, et prétendirent que la duchesse de Berrivenait d’être indignement calomniée à la face de l’Eu-rope .

Les ministres durent comprendre alors à quelles néces-sités misérables ils s’étaient eux-mêmes condamnés. Ac-cusés de fraude et d’imposture, il ne leur restait plus,pour se disculper, qu’à prouver par acte authentique lagrossesse de la duchesse de Berri. Et comment l'obtenir,cette preuve, sans descendre à tout ce que la persécutionpeut présenter de plus tyrannique et de plus vil ? 11 leurétait loisible, il est vrai, de laisser la prisonnière accou-cher à Blaye ; ils auraient pris les mesures convenablespour que l'accouchement fût bien constaté, et c'était unmoyen de fermer la bouche aux incrédules et à ceux quiaffectaient de l’être. Mais que de chances à courir en pre-nant ce parti! Sans parler de ce qu'il y avait d'ignoble àentourerd’espionsune femmecaptive, et à fairesurprendre