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HISTOIRE DE DIX AXS.
Les ministres avaient donc de puissants motifs pour nepas prolonger la captivité de la duchesse de Berri jusqu'aumoment qui suivrait ses couches; et, d’un autre côté, ilsne voulaient point la mettre en liberté avant d’avoir obte-nu, de sa grossesse, une preuve éclatante, authentique,qu’ils pussent victorieusement opposer aux dénégationsdu parti légitimiste.
Les choses en étaient là lorsque l’accoucheur de la du-chesse de Berri, M. Deneux, demanda l’autorisation de serendre à Blaye . 11 y fut décidé par des considérations queson parti n’approuva point et qui étaient cependant hono-rables. 11 pensa que, si sa demande était rejetée, le fait dela grossesse serait démenti par ce refus ; que si, au con-traire, elle était admise, sa mission équivaudrait à un dé-saveu formel de la protestation attribuée jadis à Louis-Philippe contre la légitimité du duc de Bordeaux . On serappelle à quels doutes avait donné lieu la naissance duduc de Bordeaux ; ces doutes, après la révolution de juil-let, avaient été habilement accrus et envenimés par lespartisans de Louis-Philippe ; on avait même parlé d’uneenquête. M. Deneux crut, nonsans raison, qu’en allant faireà Blaye , par ordredu gouvernement nouveau, ce qu’il avaitfait aux Tuileries le 29 septembre 1820, il mettrait lescourtisans dans l’impossibilité de combattre l’autorité deson premier témoignage.
Voulant détruire à tout prix l’accusation de mensongequi pesait sur eux, les ministres avaient intérêt à fairecertifier la grossesse de la prisonnière par des hommesde son propre parti. Or, le dévoùment de M. Deneux à lamère de Henri V était connu, et sa qualité d'accoucheurdonnait à sa présence à Blaye une signification sur la-