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3G HISTOIRE DE DIX ANS.
plus pour eux qu’un embarras : des lettres venues dePrague annonçaient que tout le monde y était déchaînécontre elle, et qu’au rang de ses ennemis les plus impla-cables figuraient M. de lflacas et l’abbé de Latil.
Ces confidences, pleines d’artifice, avaient un but mani-feste. En montrant à la duchesse deBerri que ses partisansl’abandonnaient, que sa famille môme s’armait contre elle,on espérait l’amener par le désespoir à permettre que sagrossesse fût constatée -, que risquait-elle à mécontenterun parti dont on exagérait si habilement à ses yeuxl’ingratitude? Mais on ne put vaincre sa répugnance.MM. Orfila et Auvity lui avaient été envoyés pour laseconde fois avec MM. Andral fils et Fouquier : elle nevoulut pas les recevoir. M. Dubois, qui habitait Blaye depuis six semaines dans l’espoir de se faire admettre,M. Dubois lui écrivit en vain une lettre presque suppliante.« Malheur à lui s'il ose paraître devant moi ! » s’écria-t-elled’un air qui respirait la menace. Car elle éprouvait pourM. Dubois une sorte d’horreur qu’elle ne prenait aucunsoin de dissimuler.
Pour dompter l’obstination de la prisonnière, le gou-vernement n’avait rien négligé : M. Auvity-était allé jus-qu’à presser M. de Mesnard d'employer son crédit auprèsd’elle pour la faire consentir à une constatation dontsa mise en liberté serait le prix. Toutes les tentativesayant échoué, et la princesse préférant à la honte decéder le malheur d’accoucher dans la citadelle, on nesongea plus qu’aux moyens de rendre inévitable l’ap-pareil dont on se proposait d’entourer son accouchement.Mais ne préviendrait-elle pas les solennités formidablesauxquelles on la condamnait, en se faisant avorter? C’est