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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

« fonds secrets que la Restauration n'en a deman-« dé pendant les six dernières années. Vous êtes par-« faitement indifférents à la prime des sucres ; et cepen-R dant, cette prime s'est accrue, depuis 1830, de 7« millions à 19 ; et chose étrange, le tiers à peu prés de« cette somme est partagé entre six grandes maisons, au« nombre desquelles marchent en première ligne celle de« certains membres que vous honorez de toute votre« considération, et notamment celle d'un ministre. Et« en effet, dans les ordonnances de primes pour 1832 on« voit figurer: la maison Périer frères, pour 900,000 fr. ;

« la maison Delessert. pour 600,000 fr. ; la maison Ilu-it mann,pour 600,000 fr. ; lamaisonFould, pour 600,000« fr. ; la maison Santerre, pour 800,000 fr. ; la maison« Durand, de Marseille , pour un million. » Après avoirainsi accumulé faits sur faits, accusations sur accusations ;après avoir rappelé que la Tribune ne paraissait à la barrede l’assemblée que sur la dénonciation d'un homme quiavait eu le courage de « vanter publiquement les bienfaits« delà cléd’or et les charmes des fonds secrets », M. Marrastavait atteint le terme de sa brûlante plaidoirie; il finit ens’écriant: « Si c’est une guerre contre la Tribune seule,« elle est puérile ; si c’est une guerre contre la presse,« vous y périrez. »

Malgré la réserve qu’elle s’était commandée, l’assembléene put se défendre d’un sourde agitation. Au moment oùallait être rendu ce vote, qui était un jugement. M. Cavai-gnac se leva et dit : « La Chambre sait que M. Lionne est« traduit devant elle par suite d’une fiction : plus vous« éleverez l'amende qui frappera le journal, plus vous di-« minuerez la peine de la prison, qui ne frapperait que