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Tome quatrième.
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CHAPITRE 11.

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« M. Lionne, lequel ne peut être considéré comme le vrai« coupable. Voici comment je voterais, et je pense que la« Chambre votera ainsi : forte amende, faible prison. »Alors les défenseurs et le prévenu se retirèrent -, six tablesfurent placées dans l'enceinte circulaire pour le dépouille-ment du scrutin ; et, l’appel nominal terminé, chaquemembre alla déposer son vote dans l’urne, au milieu d’uneconfusion extrême. Le résultat était prévu. 204 voix sur30-4 condamnèrent le gérant de la Tribune à trois ans deprison et à dix mille francs d'amende.

Mais la vengeance ne se lit pas attendre. Il y avait à la•Chambre 122 députés fonctionnaires, lesquels touchaientannuellement, en traitements légaux, plus de deux mil-lions, et cela pour des fonctions qu'ils ne pouvaient rem-plir, témoin M. d’Estourmel, député du Nord et ministreh la Colombie : la Tribune mit vivement en relief ce faitmonstrueux et montra que les 122 députés recevaient, entraitements qu’ils ne gagnaient point, la subsistance deplus de huit mille citoyens pauvres. Le droit sur les fers,fontes et aciers, provenant des pays étrangers, avait été,pour l’année, de 2 millions 380,000 francs, impôt énormeet désastreux levé sur l'agriculture et sur toutes les in-dustries, pour qui le fer est un élément nécessaire de pro-duction : la Tribune affirma que cet impôt n’était main-tenu que parce qu'il profitait à vingt-six députés ministé-riels, sans compter deux ministres, associés de M. Decazesdansl’exploitationdes forges nouvelles de l’Aveyron. L'ac-cusation monta plus haut encore. Au nom de la loi violée,au nom de l'intérêt public sacrifié à des scrupules de cour-tisan, le ministre des finances fut sommé de faire ren-trer dans les coffres de l’État une somme de 3 millions