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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

503,607 francs, que, depuis trop long-temps, la listecivile devait au trésor. On rappela qu'au mépris des tra-ditions les plus inviolables de la monarchie, Louis-Phi-lippe , le 6 août 1830, n'avait pas craint de faire donationà ses enfants de ses biens, qu’il voulait soustraire audomaine de l'État, et l’on s'étonnait que le droit d'enre-gistrement, payable d 'avance aux termes de la loi, ne setrouvât pas, après trois ans, payé d’une manière intégrale.Le souvenir de la forêt de Breteuil, vendue au roi parM. Laffitte, fut aussi évoqué, mais on dirigea contre leroi, à ce sujet, une accusation aussi injuste que menson-gère: on prétendit que, pour frauder l’enregistrement,il n’avait porté qu’à 6 millions, dans l’acte de vente, cequi en réalité lui en avait coûté 10. L'allégation étaitfausse 1 : elle passa pour vraie dans l'esprit des hommesprévenus; les attaques redoublèrent de vivacité, plusque jamais on parla de Kœsner, de ce vide de plusieursmillions qu'il avait laissé dans le trésor, et du mystèredans lequel on avait permis que cette honteuse affairerestât ensevelie; on se demanda s'il était possible qu'àl’insu du baron Louis, ministre des finances, M. Kœsnereût risqué l'argent de tous dans les impurs tripotages dela Bourse , et entretenu avec les agents de change des rela-tions patentes, cyniques, journalières; on alla jusqu’àétendre, plus qu’il n’était permis de le faire ouvertement,une responsabilitéque M. Martin (du Nord) avait concentréetout entière sur la tète de M. Kœsner, dans un rapport quifut le commencement de sa fortune politique. Enfin, l’onht revivre tout ce qui, depuis 1830, se hait à des manœu-vres de corruption, à des scandales de cupidité.

1 Nous nous sommes fait montrer l’acte de vente.