CHAPITRE II.
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l’exercice régulier et continu de sa puissance sur tousles points du sol que le peuple s'entretient dans lesentiment de sa dignité. En perdant l’usage fréquent deses facultés, il arrive à perdre la conscience de sa force,et de l'indifférence il tombe dans l'hébétement. Là oùl’autorité centrale se fait dépositaire, même des inté-rêts locaux, la vie publique, violemment refoulée aumême lieu, y devient confuse et tumultueuse, tandis quepartout ailleurs elle est inerte. Le cœur de la société battrop vite; et les membres, desquels s’est retiré tout lesang, restent sans vigueur et glacés. Quand, sous Dioclé-tien , le pouvoir central des empereurs se fut infiltré dansl’administration, quand des fonctionnaires accourus deRomeeurent fait intervenir la volontéimpérialedans toutesles mesures locales : dans la construction d’une fontaine,l'affranchissement d’un esclave, la nomination d’un ma-gistrat local, l’empire se précipita vers sa ruine. Ne trou-vant plus dans le libre exercice de leur pouvoir la com-pensation de leurs charges, les curiales cherchèrent à seperdre dans les rangs du clergé ou de l'armée. Mouvementfatal de dissolution qui livra aux barbares, venus du nord,la société romaine, énervée, désarmée, déjà morte. Voilàce qu’auraient dû se rappeler et M. Mauguin et le gouver-nement dont il appuyait en cette occasion les doctrines.Et certes, ils n’auraient pas demandé que, sous la maind’un pouvoir central chargé d’une besogne impossible, lasociété demeurât complètement passive; ils n’auraientpas demandé qu’autour de Paris , en proie à tous les dé-sordres d’une vie surabondante, la France s'abîmât dansl'impuissance et la langueur, s’ils avaient visité la plupartde nos communes, et tant de pâles cités, où à des aspi-