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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

sous une interprétation capricieuse, le despotisme estfondé.

Voilà ce qui aurait dû frapper le gouvernement. Il auraitdû comprendre que lorsqu’entre les ministres, représen-tants supposés de l'intérêt général, et les citoyens, re-présentants de l'intérêt privé, il n’éxiste aucune autoritéspécialement investie du droit de statuer sur l’interpréta-tion et l’exécution de la loi, il arrive toujours de deuxchoses l’une, ou que le pouvoir reste atteint de paralysie,ou que la liberté succombe.

Ces importantes vérités ne furent pas mêmes entrevues.Dans le projet de loi qu’il présenta aux Chambres, le gou-vernement proposa de substituer, et à la juridiction ad-ministrative consacrée par la loi du 16 septembre 1807,et à la juridiction judiciaire reconnue par la loi du 8 mars1810. l’autorité d’un jury composé des principaux pro-priétaires de la contrée où ^'expropriation aurait été jugéenécessaire. Système pitoyable qui conviait des proprié-taires à exagérer, au gré de leur avidité commune, leprix des propriétés dont l’État avait besoin ! Système ini-que, anti social, qui, dans tout conflit entre l'intérêt privéet l'intérêt général, abandonnait la décision aux repré-sentants naturels de l'intérêt privé 1 !

Ce n'est pas tout : comme s'ils eussent craint de ne pasavoir assez complètement sacrifié l'État à l’égoïsme indi-viduel , les ministres eurent soin d’embarrasser l expropria-

1 Cet absurde système a porté les fruits qu’on en devait attendre. Depuis,on a vu des jurys de propriétaires condamner l’État à payer aux proprié-taires dépossédés pour cause d’utilité publique, une indemnité beaucoupplus considérable que celle que ces propriétaires dépossédés avaient eux-mêmes demandée ! Ce fait dispense de tout commentaire.