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Tome quatrième.
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CHAPITRE IV.

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de son àme rélevait au-dessus des angoises de la misère.Seulement, il y avait chez lui un peu de cette mélancolieauguste qu'inspire au vrai philosophe le spectacle deschoses humaines. Quant à ses opinions, elles étaient d'o-rigine céleste, puisqu’elles tendaient à ramener parmi leshommes le culte de la fraternité évangélique ; mais ellesdevaient être dilîicilement comprises dans un siècle abrutipar l’excès de la corruption. Car il est des vérités qui,bien que fort simples, sont d’une nature tellement sublimeque, pour les embrasser, l’intelligence de la tête ne suffit,pas : il y faut celle du cœur, sans laquelle il n’y aurajamais, même dans les esprits d'élite, que force apparenteet trompeuses lueurs. Buonarotti aimait donc le peuple,mais il l'aimait d’un amour profond, et non de cet amouremporté qui, produit par l’effervescence de la jeunesse,aigri plus tard par les déceptions de l’âge mûr, finit pars'imprégner de fiel, souvent dégénère en ambition, et vase perdre dans les violences d’une démagogie sans prin-cipes. Buonarotti aimait le peuple, il n’avait cessé deconspirer pour lui, mais avec la défiance d’un observateurexpérimenté et le calme d’un philosophe, étudiant leshommes avant de se livrer à eux, armé d’une clairvoyancequi touchait au soupçon, circonspect dans le choix de sesalliés, et tenant à leur nombre beaucoup moins qu’à lasincérité de leur dévoùment. Témoin de notre premièrerévolution, dontil fut sur le pointd’êtremartyr,camaradede lit de Bonaparte pendant sa jeunesse, il avait deviné lenouveau César, et n’ignorait point par quelle pente on vade la liberté au despotisme, des agitations du forum à ladiscipline des camps. Il savait aussi que, souvent auxmeilleures causes, ceux qui les servent nuisent plus que