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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

Une circonstance particulière servit ces attaques. Lors-que les témoins de la victime étaient allés réclamer l’ori-ginal de la lettre restée aux mains du général de Rumi-gny, celui-ci avait répondu verbalement, puis attestédans une déclaration écrite et signée, qu'il n'avait pluscette lettre ; qu'il avait promis à M. Dulong, sur le ter-rain, de l’anéantir après le combat ; et qu'il l’avait, eneffet, brûlée en présence du roi. 11 n’était pas vraisem-blable qu’au lieu d’exiger la remise immédiate d’une lettredont il allait si fatalement payer la restitution, M. Dulongeût laissé aux témoins de son adversaire le soin de la dé-truire. C’estcequ’ArmandCarrel lit très-bien ressortir dansun articlequi portait sa signature et l’énergique empreintede son talent. Que signifiait donc cette accumulation demystères ? Et comment le nom du roi se trouvait-il mêléà une querelle qu’on n’avait su étouffer que dans le sang ?

La Cour était mise en demeure de se défendre. Un ar-ticle rédigé au Château, et par un écrivain dévoué à lafamille royale, fut publié dans le Journal des Débats . Ony repoussait l’attaque avec beaucoup de véhémence, ettous ceux dont le Journal des Débats représen taient l'opinionpolitique applaudirent. Quelle apparence que le roi se fûtfait le provocateur invisible d’un duel ! Quelle apparenceque le plus honnête homme du royaume, le plus intéresséà la conciliation des esprits, qu’un prince ennemi du duel,de la peine de mort, de tous les préjugés qui coûtent dusang, fût descendu, pour faire couler le sang, au rôled’entremetteur d’intrigues ! M. Bugeaud, qui était un sol-dat et un homme violent, avait-il besoin qu’on lui apprîtà ressentir une offense ? Et lorsque son ressentiment s'ex-pliquait d’une manière si naturelle, on s’acharnait à ima-