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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

humilié dans son orgueil, il fit effort pour se relever parl’excès de la passion. Pâle, la tète haute, le corps frémis-sant, le bras étendu, on le vit jeter au parti républicainl’insulte pour défi. Prompt à se dédommager, par l'inso-lence de l’attaque, de son impuissance à se défendre, il futsuperbe de forfanterie et de dédain. « L’homme s'agite, et« Dieu le mène, » dit-il, en rappelant un mot de Bossuet ,et, selon lui, c’était dans les voies où marchaient les mi-nistres, que Dieu menait la France .

Plusieurs orateurs prirent la parole dans la discussiongénérale : ceux-ci, comme MM. Kératry , Fulchiron,Viennet, Hervé, pour appuyer le projet de loi ; ceux-làpour le combattre, comme MM. Portalis, Salverte, Garnier-Pagès , Bignon, de Sade, Mérilhou. Un amendement pré-senté par M. Bérenger servit à préciser les débats.

M. Bérenger aurait voulu que le droit d’association fûtreconnu en principe, et que l’exercice en fût réglé parl’autorité. Il demandait donc que les associations pussentse former sans autorisation préalable et en se bornant àdéclarer à l’autorité les formes de leur constitution etleur but ; mais le maire de la commune aurait eu le droitd’assister aux réunions, d'ordonner la séparation desmembres si cela devenait utile ; et, quant à l’autorité, elleaurait dissous les associations jugées dangereuses, à lacharge de rendre compte de ses motifs devant les Chambres..Ainsi, l'amendement deM. Bérenger substituait le systèmerépressif au système préventif, consacré par le projet dugouvernement.

Soutenu par son auteur avec beaucoup de sagesse etd’autorité, l’amendement trouva dans M. Odilon Barrot unéloquent appui. Quoi! on faisait cet outrage à la civili-