CHAPITRE IV.
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sation, à la raison humaine, de déclarer anéanti par uneloi un droit sans lequel nul société n’existerait, un droitqui est, de toutes les nécessités, la plus impérieuse, laplus inéluctable ! Quoi ! cet article 291, né de la dictatureimpériale, et qui, sous la Restauration, avait paru siétouffant, il ne suffisait plus après une révolution faite aunom et pour le compte de la liberté ! Le gouvernementdemandait à vivre ? Pour vivre, avait-il besoin de tuer leprincipe générateur de la société elle-même ? La nécessitéde régulariser le droit impliquait-elle la nécessité de lenier, et fallait-il, à l’exemple de certains sauvages, couperl’arbre pour cueillir le fruit ? Soumettre à une autorisationpréalable du gouvernement le droit d’association ! Maisc’était livrer au Pouvoir une immensité d’arbitraire devantlaquelle tout disparaissait ou pouvait disparaître : et laCharte, et les garanties qu’elle stipule, et le droit électo-ral, et la liberté de la presse. Car, lorsque des citoyenscherchentà s’entendre sur le candidat qui mérite le mieuxleurs suffrages, il y a évidemment association. Lorsquedes citoyens, pour créer un journal, pour le rédiger ouen surveiller la rédaction, mettent en commun leurs pen-sées, combinent leurs efforts, il y a évidemment associa-tion. Des électeurs de l’Opposition se réunissant pour élireun député seraient-ils soumis au bon plaisir ministériel ?Plus de droit électoral. Le joug de l'autorisation préalableserait-il imposé à des écrivains se groupant autour d’unjournal? Plus de presse libre. Le projet du gouvernement,dans la généralité de ses termes, était donc d’une inso-lence inouïe. Il était, en outre, d’une application impos-sible. Au moins, sous l'empire de l'article 291, le corps dudélit n’était pas chose insaisissable : le fait matériel d’une