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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

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réunion de plus de vingt personnes, la circonstance dela périodicité, la concentration des menaces de la loi surun nombre déterminé de têtes, tout cela fournissait deséléments de poursuite. Mais ici quels seraientles matériaux,de l’accusation? Poursuivrait-on le délit sous cette infinievariété de formesqu’il lui est si facile d’affecter? Le> frappe-rait-on dans la personned'unnombre illimitéde coupables?le projet du gouvernement, brutal en théorie, était, aupoint de vue de la pratique, tout-à-fait. puéril et insensé.

Dans un discours plein de mesure et de finesse ,M. Thicrs répondit que tout droit, dans une société civi-lisée, demandait à être réglé législativement ; que la né-cessité de l’autorisation préalable pesant sur les sociétésanonymes, par exemple, et sur les sociétés de bienfai-sance, il était étrange qu’on prétendit en affranchir lessociétés politiques, foyersdediscoi'des etécolesdesédition,.que la force du gouvernement, dans un pays de trente-deux millions d'hommes, résultait, non pas de son empire.sur quelques milliers de fonctionnaires et sur deux ou troiscent mille soldats, mais de la faculté qu'il avait de fairepénétrer partout sa volonté, d’agir avec ensemble aumoyen d’une hiérarchie savamment constituée, d ètre, enun mot, partout présent à la fois ; que laisser à de simplesindividus une faculté aussi précieuse, c'était déplacer lepouvoir à leur profit et leur communiquer toute la force«du gouvernement 5 qu'il y avait là un danger incalculable;que l'État était perdu, pour peu qu’on laissât la régularités’introduire dans la révolte, pour peu qu’on permît àl'anarchie de se discipliner; que la loi contre les associa-tions était, par conséquent, une loi de salut ; que, quant àl'amendement de M. Bérenger, il mettait entre les mains