CHAPITRE IV.
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du Pouvoir une arme chimérique, puisque toute associa-tion dissoute se reconstituerait aussitôt sous un autrenom, et, morte comme Société des Droits de l'Homme,revivrait comme Société des Amis du Peuple ; que, pource qui était de l’abuspossihle de la loi, les esprits devaientse rassurer, le gouvernement n'ayant aucun intérêt àinterdire les associations industrielles, scientifiques, litté-raires, religieuses, ou de bienfaisance, et n’étant intéresséqu'à la disparition des sociétés politiques, camps retran-chés de tous les factieux.
Ce discours, queM. Thiers termina par un retour habileet vif sur la politique de l'Empire et sur celle de la Res-tauration, comparées à la politique du règne de Louis-Philippe , produisit dans l’assemblée l'impression la plusprofonde. L'amendement fut rejeté. M. Thiers n'avaitcertainement pas tort de montrer dans la Société desDroits de l’Homme une armée qui, secouant la guerresur la nation, pouvait d’un instant à l’autre changer pourla France le cours apparent de la destinée. Sans la loicontre les associations, non telle que l’entendait l’Opposi-tion dynastique, mais telle que le gouvernement la de-mandait, c’en était fait de la monarchie constitutionnelle,-rien de plus certain ; et ceux qui en doutaient, commeMM. Bignon, Bérenger, Odilon Barrot , ne savaient pascombien il y aurait eu dans la démocratie organisée, depuissance et de vigueur. Oui, M. Thiers avait raison dedire : Tout cet arbitraire, il nous le faut, ou nous sommesperdus. Mais cet aveu même était une condamnation sansappel du système représenté par l'orateur. Quel régime, eneffet, que celui qui pour se maintenir avait besoin d’aussidévorantes ressources? Quel régime que celui qu’on décla-