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HISTOIRE DE DIX ANS.
l’ait d'avance dissous, si l'on ne se hâtait d'y mettre à lamerci de septou huit hommes, à la merci de leurs caprices,le plus nécessaire et le plus sacré de tous les droits! Lafaiblesse et l’illégitimité d’un pouvoir se mesurent à l’éten-due des ressources qu'il épuise. Il est indigne de vivre, siles intérêts qu’il arme contre lui sont assez nombreux etassez forts pour que le contact de la liberté lui soit mortel ;et, s'il ne lui est donné d’exister qu’à la condition d’absor-ber toute la sève d’un peuple, pourquoi donc existerait-il?
On le voit, pour combattre efficacement la loi, il auraitfallu porter hardiment la main sur les fondements dusystème qui avait rendu cette loi si monstrueusement né-cessaire. C’est ce que l’Opposition dynastique n’osa pas.Aussi le triomphe du ministère fut-il complet. Diversamendements furent présentés par MM. Taillandier, Cor-celles, Anglade, Glais-Bizoin , de la Rochefoucault, Dubois(de la Loire-Inférieure ), Teulon, Roger, Charamaule. Ilsavaient tous pour but d'atténuer la portée funeste du pro-jet ; ils furent successivement rejetés par une majoritésystématique ; et les associations n’eurent plus d’autrelégitimité que celles que devait leur donner le bon plaisirdes ministres, même celles qui auraient été fondées en vuede l'industrie, ou de la science, ou des lettres, ou de lareligion, ou de la charité. Ainsi le voulurent 246 boulessur 400. Mais, du moins, la civilisation ne fut pas à cepoint outragée sans avoir eu d’énergiques défenseurs.M. Glais-Bizoin s’attira l’honneur du rappel à l’ordre ;M. Rerryer s’écria dans un de ces moments d’émotion quifaisaient si puissamment rayonner son visage et vibrer savoix : « Il est quelque chose de plus hideux que le cynisme.« révolutionnaire, c'est le cynisme des apostasies » : enfin,