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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

européenne? Le sentiment de son insuffisance le troublait.Il'refusa long-temps, et ne se rendit enfin que sur l’espoirde trouver pour appui l’expérience de M. de Broglie et sesconseils. L'amiral Roussin, alors en mission, fut désignépour le ministère de la marine ; et, sur son refus lorsqu’onen fut informé, l’amiral Jacob entra dans le ministère.

D’autres changements se préparaient. M. d’Argout,homme très-instruit, très-laborieux, et qui possédait lapassion de ces sortes d’affaires qui se font avec deschiffres, M. d’Argouh n’avait jeté aucun éclat sur le minis-tère de l’intérieur, et s’était desservis lui-mème dans l’es-prit de ses collègues. M. Thiers , au contraire, quoiquerelégué dansle ministère du commerce, avait partout faitsentir son action et accepter son influence. Ses amis au-raient donc volontiers demandé pour lui un portefeuillepolitique. Mais il tenait sa position pour bonne et n’ervoulait point sortir.Peu lui importait que son portefeuillene fût que secondaire, sa personnalité en ressortait mieux,et il lui suffisait de pouvoir, devant les Chambres, fairesur le domaine de ses collègues de brillantes apparitions.11 se laissa néanmoins entraîner, surtout parM. BertindeVaux, que le Journal des Débats rendait tout-puissant, etqui regardait l’occupation du ministère de l’intérieur parM. Thiers comme une chose presque indispensable. Il seforma, conséquemment, au sein du Conseil, une espècede complot ayant pour but l’exclusion de M. d’Argout.M. Barthe entra dans ce complot sans se douter qu’il était,lui aussi,l’objet des menées lesplus malveillantes. Car onle disait usé, et M. Bertin de Vaux poussait secrètementau ministère de la justice M. Persil, magistrat plein defiel, mais courageux, et qu’avait en quelque sorte mar-