CHAPITRE IV.
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qué au front le ressentiment des partis. Nous ne forceronspas l’histoire à descendre aux détails honteux de la stra-tégie qui devait aboutir au remaniement du Cabinet. 11nous suffira de dire qu’un jour, pendant qu’à la ChambreM. Barthe, assis au banc des ministres, savourait tran-quillement les douceurs d’un pouvoir dont il se croyaitsûr, M. Dupin aîné fut prévenu qu’on l’attendait au dehorspour une communication importante. On venait lui offrirle ministère de la justice , dans l’espérance qu’il le refuse-rait, et parce qu’on n’aurait pas osé, avant de s’être adresséà lui, s’adressera M. Persil. 11 refusa. Le jour même,M. Barthe apprenait de la bouche d’un de ses amis, latrame ourdie contre lui parses collègues. Indigné, il réso-lut de donner cours sur-le-champ à sa colère, et le Con-seil s’étant assemblé dans la soirée, il éclata. Ce fut leterme de la crise. MM. d’Argoutet Barthe furentremplacéspar MM. Thiers et Persil. Les renvoyer sans dédommage-ment eût été une imprudence : M. Barthe reçut la prési-dence de la Cour des Comptes, qu'il fallut retirer àM. Barbé-Marbois, dont, aussi bien, l’austérité avait dé-plu dans la fameuse affaire Kœsner, et le duc de Gaëte dutcéder àM. d’Argout les magnifiques fonctions de gouver-neur de la Banque de France . Le ministère du commerce,que M. Thiers abandonnait, échut à M. Duchatel, un desplus habiles défenseurs du traité des 25 millions : preuvemanifeste qu’on se proposait de revenir à la pensée de cetraité onéreux, et que ce n’était pas à la souveraineté dela Chambre qu’on avait sacrifié M. de Broglie avec tantd’empressement !
Mais tandis que le Pouvoir flottait au gré de ces intri-gues, la nation bouillonnait au-dessous, et les intérêts