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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

inconnus et sinistres paraissent sur les places, des cla-meurs imbéciles retentissent, et la ville est inondée defausses circulaires, les unes calomniant la faiblesse de lacommission du banquet, les autres calomniant son audace.La police avait-elle excité ce mouvement? Les commis-saires en restèrent convaincus; et, bien décidés à ne pasfranchir les limites de la loi, ils ajournèrent le banquetau 12 mai, après avoir fait rédiger par quatre avocats dubarreau lyonnais une consultation dans laquelle l’illégalitéde l’arrêté préfectoral était démontrée. On veut la signifierau préfet par huissier : pas d’officier ministériel qui ose secharger de la signification. On se pourvoit auprès du pro-cureur du roi, M. Chégarav : il répond que tout huissierqui signera l’exploit sera destitué. Les voies légales étaientépuisées-, la police avait fait prévenir le propriétaire dujardin désigné pour le banquet que sa propriété serait mi-litairement occupée; des milliers de soldats allaient êtremis sur pied : il ne restait donc plus aux commissairesque l’appel aux armes ! Ils reculèrent devant l'effusion dusang. Mais, à l’attitude des républicains, à l’énergie deleurs protestations, à leur orgueil indompté, à l’impor-tance des ressources qu’il avait fallu employer contre eux,on pouvait déjà juger de leur empire.

Quelques jours après, le gérant de la Glaneuse était ap-pelé devant le jury. Lyon garde encore le souvenir desplaidoiries de M. Dupont. Tout ce que la raison a de plusélevé, la logique de plus pressant, l’ironie de plus incisif,l’éloquence du cœur de plus passionné, M. Dupont le dé-ploya dans cette cause célèbre. Mais ce qui était au fonddu débat, c’était la guerre, toujours la guerre. Acquittéepar le premier verdict, la Glaneuse avait été condamnée