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HISTOIRE DE DIX ANS.
A dater de ce moment, l'influence du parti républicains'étendit avec une rapidité extraordinaire. Dans les der-niers mois de l’année 1833, la Société des Droits del’Homme enveloppait la ville de Lyon ; et, rayonnant surles départements voisins, elle avait créé des centres cor-respondants partout 011 elle avait fait l’essai de sa redou-table et irrésistible propagande : c’est-à-dire dans lesvilles les plus importantes de l'Isère, de la Drôme , del’Ardèche, de la Loire, du Jura, de Saône-et-Loire . Là, sadomi nation était si absolue et la parole de ses représentantssi respectueusement obéie, qu’à Romans , par exemple,M. Baune couvrit de sa protection et sauva de la colère dupeuple le préfet de la Drôme , accouru avec des gendarmespour l'arrêter. On se ferait difficilement une idée de lavie brûlante que menait, à cette époque, la ville de LyoïijA certains jours, des clameurs étranges y montaient dansles airs, et l'on voyait alors s’entasser sur les places pu-bliques une population menaçante et hâve, espècede maréemontante qui semblait prête à tout engloutir. Les soldatsétaientépuisés de corvéesetde veilles, lescavaliers toujourssur le point de monter à cheval. Tantôt c’étaient des chan-teurs dont il fallait étouffer la voix, parce que l’accent enavait paru terrible, dans ces jours de trouble universel ;tantôt c’étaient, comme à Paris , les crieurs publics qu’onessayait d’arrêter au milieu d’une foule en délire. Dansle mois de janvier, l'autorité engagea contre les crieursune lutte ardente, et fut vaincue. Entre le préfet et lemaire de Lyon , entre M. Gasparin et M. Prunelle, l’ani-mosité était au comble : un arrêté du second déjoua lesmesures despotiques conseillées par le premier. Protégéspar le pouvoir municipal et par la loi, les crieurs publics