CHAPITRE V.
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purent distribuer librement tous les écrits dont la saisien'avait pas été judiciairement proscrite, et les publicationspolitiques inondèrent la ville.
Tel était, au commencement de Tannée 1834, l’étatdes choses à Lyon et dans les contrées qui l’avoisinent.Le mutuellisme alors entra dans l’arène et compliqua lasituation.
Le mutuellisme 1 était l’association des ouvriers en soie,chefs d’ateliers ; elle était purement industrielle, et sonorigine remontait à 1828. Ses statuts excluaient de lamanière la plus formelle toute discussion des choses reli-gieuses et politiques. Fondé d’abord dans un but de mu-tuelle assistance entre ouvriers, le mutuellisme se divisaiten loges de moins de vingt personnes. Onze loges nommantchacune deux délégués formaient ainsi une loge centrale;et c’était à un conseil composé des présidents des centralesqu’appartenait la direction. Le pouvoir des présidents descentrales s’était maintenu jusqu’à la fin de 1833-, à cetteépoque il fut ébranlé. L’association voulait agrandir sonaction ; elle voulait faire servir la force qu’elle puisait dansl’union de ses membres à empêcher la décroissance dusalaire-, elle voulait créer un contre-poids à l'hypocritetyrannie que, dans la lutte du pauvre contre le riche, onose appeler la liberté des transactions. Mais à l’accomplis-sement de ces vues nouvelles il fallait un pouvoir nouveau.Les présidents des centrales furent destitués, et leur auto-rité passa aux mains d’un conseil exécutif, qui n'étaitlui-même, du reste, que l’instrument de l’association,constituée démocratiquement et décidant de tout par voieélective.
1 Voir aux documents historiques, n° 7, le Règlement du Mutuellisme.