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Tome quatrième.
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CHAPITRE V.

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ici la Société du Progrès , dirigée par MM. Lagrange etLéon Favre, là celle de la Liberté de la Presse , plus loincelle des Indépendants et celle des Hommes libres. 11 estvrai que ces diverses associations se composaient en par-tie des mêmes hommes, ce qui en atténuait la divergence.Mais si elles tendaient à un but commun, elles y mar-chaient à pas inégaux. Le comité rencontrait aussi unobstacle sérieux dans le penchant des Lyonnais pour lesidées de décentralisation, idées qui étaient celles du ré-dacteur du Précurseur, M. Pététin, et que partageait, dumoins sous le rapport philosophique, un des membres lesplus respectés et les plus recommandables du parti,M. Lortet. Que faire donc? en un tel chaos d'incertitudes,de quel côté diriger le gouvernail? L’écueil était partout,partout la tempête.

Et cependant, s’arrêter était impossible. La fermenta-tion devenait d’heure en heure plus impérieuse. Milleétincelles jaillissaient chaque jour du choc de tant de pas-sions en contact. L’on entendait rugir déjà la foule desimpatients, qu’échauffaient, qu’enflammaient les véritablestraîtres... Le comité ne se sentit pas assez fort pour porterle poids d'une situation semblable. Les rênes lui échap-paient : il résolut de se faire appuyer, directement par lacapitale, et M. Albert partit.

M. Albert avait pour mission d’exposer l’état des chosesau comité parisien, de prendre en quelque sorte le motd’ordre, et de ramener à Lyon M. Godefroi-Cavaignac ouM. Guinard, que leur énergie rendait très-populaires, etque le comité lyonnais jugeait seuls capables, soit de con-tenir avec autorité, s’il en était besoin, ceux qui se lais-saient emporter par une ardeur aveugle et sauvage, soit,