CHAPITRE V.
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« et honorable entreprise; mais je donnerai à ces mes-« sieurs des lettres qui leur seront utiles, et je les auto-« rise à se présenter comme mes lieutenants. »
Tout était convenu, M. Albert devait devancer ses amis,et déjà une chaise de poste l’attendait, quand tout-à-coupl’on apprit à Paris que la ville de Lyon s’était calmée etque le conseil exécutif des mutuellistes venait d’ordonnerla reprise des travaux. Cette nouvelle enlevait au voyage,sinon son utilité, au moins son urgence : on y renonça,et M. Albert se contenta d’une lettre qui portail en subs-tance : « Abstenez-vous de toute provocation. Paris n’apas besoin, comme Lyon , d’ètre contenu, il aurait plutôtbesoin d’ètre excité. Cependant, si le Pouvoir vous atta-quait et vous réduisait à la nécessité de vous défendre,Paris vous soutiendrait. »
La situation morale des chefs du parti républicain serévèle tout entière dans ces détails. S’ils n’entendaient paspermettre que le gouvernement portât la main sur des li-bertés qu’en 1830 on avait crues pour jamais conquises, ilsne prétendaient pas non plus tirer le glaive sans nécessitéet au gré de passions folles ou coupables. Etrien, du reste,ne le prouve mieux que ce qui s’était passé à Lyon pen-dant le voyage de M. Albert à Paris . Plusieurs républi-cains lyonnais, jouissant parmi leurs concitoyens d'uneconsidération méritée, avaient été les premiers à interve-nir comme médiateurs entre les fabricants et les mutuel-listes. Une lettre qui invitait ces derniers en termes nobleset pressants, à reprendre les travaux interrompus, fut si-gnée par M.M. d’Épouillv, Léon Favre, Lortet, Michel-Ange Périer.... I)e leur côté, MM. Raune et Jules Séguincoururent d’atelier en atelier pour y prêcher la résigna-