HISTOIRE DE DIX ANS.
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tion et le calme. Le conseil exécutif des mutuellistesy étaitdéjà disposé; mais, simple instrument de transmission,il n'avait aucun ordre à donner. Grâce aux suggestionsdes républicains, il passa outre, ordonna la reprise destravaux, fut obéi. Le 22 février (1834), tous les métiersbattaient à Lyon comme à l’ordinaire.
Ainsi le calme était rentré dans la ville. Mais on y ap-prit bientôt la loi contre les associations, et le peuple futviolemment rejeté dans la révolte. Une clameur terribles’élève du sein de tous les corps d’état ; les mutuellistesse voient directement menacés, ils s’assemblent en tu-multe. Une protestation est publiée par l 'Echo de la Fa-brique. Elle portait deux mille cinq cent quarante signa-tures, et se terminait par ces mots : « Les mutuellistes dé-« clarent qu’ils ne courberont jamais la tète sous un joug« aussi abrutissant ; ils déclarent que leurs réunions ne« seront point suspendues. S’appuyant sur le droit le« plus inviolable, celui de vivre en travaillant, ils sauront« résister, avec toute l'énergie qui caractérise des hom-« mes libres, à toute tentative brutale, et ne reculeront« devant aucun sacrifice pour la défense d'un droit qu’au-« cune puissance humaine ne saurait leur ravir. »
De son côté, le Pouvoir semblait appeler sur Lyon laguerre civile. Tant qu'avait, duré le chômage, aucun ou-vrier n’avait été arrêté. Après la reprise des travaux, etau moment où l'on s’y attendait le moins, six mutuel-listes sont emprisonnés comme chefs de la coalition. Aus-sitôt, à la Croix-Housse, à Saint-Just, à Saint-Georges,on s'indigne, on s’encourage à la résistance. « Nous« aussi, écrivent au procureur du roi vingt chefs d’ate-« liers, nous aussi nous étions membres du conseil exé-