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Tome quatrième.
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CHAPITRE V.

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Le signal venait d’être donné. Les soldats du 7 e s’élan-cent sur la place. Refoulés dans les rues adjacentes, lesouvriers s’y entassent en fuyant ; ceux-ci cherchent à re-gagner leurs quartiers ; ceux-là s'arrêtent au détour desrues pour les fermer par des barricades ; d'autres, dansl’indécision de leur colère, courent çà et là, éperdus etmuets. Dans la maison où se sont réunis MM. Martin, Al-bert, Hugon et Sylvaincourt, un chef de section estaccouru, disant : « \ous ne pouvons plus retenir noshommes : ils s’agitent furieux, ils veulent combattre. »Une voix s’écrie alors : « Eh bien, qu’ils descendent sur« la place publique. » Au point où en étaient les choses,l'importance d'un pareil ordre était nulle. Loin d’avoirdonné le signal du mouvement, le comité s’était vu em-porté par lui. Mais enfin, si le Pouvoir eût voulu et cruprévenir l’insurrection par l'arrestation des membres ducomité, rien ne lui eût été plus facile que de les faire ar-rêter. Car il avait été prévenu, dès le matin de leur réu-nion, il en connaissait le centre, et le chemin était librejusqu’à eux. Quels motifs mystérieux portèrent M. Gas-parin à s’abstenir ? Faut-il croire qu’il fut retenu par lacrainte de commettre un acte arbitraire, alors qu’il s’agis-sait d’une guerre civile à conjurer dans une ville qu’oninondait de soldats ?

Une consigne, d’ailleurs, avait été donnée qui n’indi-quait pas de grands scrupules de légalité : « Feu sur« quiconque paraîtra dans les rues, « avait-on dit auxsoldats. Consigne terrible, qui ne fut pas générale, il estvrai, qui n'exista que pour certains quartiers, mais qui làoù elle fut observée, produisit d’inconcevables scènesd’épouvante et d’horreur! Qui le croirait? Pour que des