CHAPITRE V.
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venu à former à la hâte six centres d’action, mais sansrapport entre eux : un dans les quartiers Saint-Jean,Saint-Paul et Saint-Georges, un dans le quartier des Cor-deliers ; un dans la rue Neyret et les rues adjacentes ; undans-le clos Casaty, compris entre la Grand'Cùte et la côteSaint-Sébastien ; un à la Croix-Rousse ; un autre enfin àla Guillotière.
La fusillade continuait, des engagements avaient eulieu sur divers points. Quelques insurgés barricadent lepont du Change, et quatre compagnies envoyées de cecôté sont forcées à la retraite. Dans la rue Saint-Pierre-le-Yieux, on tirait sur les troupes du haut d une maison :un pétard la fait sauter. La préfecture, menacée par unpetit groupe d'insurgés, est dégagée rapidement, ellessoldats refoulent rinsurrection jusqu’à l’entrée de la rueMercière et du passage de l’Argue. Là, les républicainsfont volte-face. Maîtres du passage, ils y soutiennent lechoc pendant quelque temps. Mais une pièce de canonchargée à mitraille s'avance. Le coup part. Les vitrauxsont criblés, les lustres réduits en poussière, les magasinsenfoncés. Le passage ainsi rendu libre, les soldats s’yélancent. Au bout de la galerie, une barricade a été éle-vée : elle est défendue avec acharnement. Enfin, les in-surgés sont repoussés. Ils étaient six! Pendant ce temps,les troupes gagnent les deux rues Mercière, et elles éta-blissent une communication permanente entre la placeBellecour et la place des Terreaux, après avoir fait sauterune maison dans la rue de l'Hôpital, où s’allume, chassépar le vent du nord, un violent incendie.
La journée touche à sa fin. Le silence est descendu surla ville ; silence morne et presque plus effrayant que le