CHAPITRE V.
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sauter les maisons dont les fenêtres sont garnies (l'insur-gés. C’est à coups de canon qu’on attaque les barricades,qu’on les renverse. Les bombes pleuvent sur le faubourgde la Guillotière; et dans le quartier livré à leurs ravages,on voit des malheureux se hâter le long des toits, fuyantéperdus et la fusillade qui s’approche, et leurs demeuresembrasées. Au cœür de la ville, même désolation. Ici, lecollège prend feu, et deux fois éteint par les écoliers,l'incendie se rallume dans le combat. Là, aux environsde l'hôtel-de-ville, soldats et insurgés se poursuivent àcoups de fusils sur le faîte glissant des maisons. Plus loin,les deux pavillons du pont Lafavette, un moment au pou-voir de l’insurrection, vont s’écrouler sous les boulets,tandis qu’atteint par un obus, un bateau de foin descendtout en llammes du haut de la Saône et va se heurter aupont de Chazourne, dont il consume trois arches dans sonpassage bridant.
Et toutefois, l'armée se montre aussi prudente qu'im-placable. L'ordre a été donné aux soldats d'éviter lesquartiers sinueux, de ne s’avancer que pas à pas, en lais-sant toujours entre eux et les insurgés la longueur d’unerue et en opposant barricade à barricade; soit qu’on vou-lût, comme quelques-uns l’ont pensé, faire durer le com-bat pour ender le triomphe, soit que les chefs militairesse fussent exagéré la force matérielle de l'insurrection.
Danscette dernière hypothèse,leur erreurfutprofonde ;car le nombre était petit de républicains en armes ! Dis-séminés par petits groupes de dix, de vingt, ou de trentehommes, sur une immense étendue, commandés par deschefs de passage, sans communication entre eux. sansplan arrêté, pris à l'improviste enfin, et n'ayant la plu-