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HISTOIRE UE MX ANS.
jours d’un père ou d’un époux absent, tué peut-être, etqu’on n’avait pas même le pouvoir d’aller chercher aumilieu des victimes -, dans d’autres enfin, c’étaient des ma-lades condamnés à gémir sans secours, ou bien des mortsqui attendaient la sépulture.
La terreur était sans bornes, et, dans certains quartiersla colère du soldat inexorable. Et même, ainsi qu’il arrivetoujours, ceux-là combattaient l'insurrection avec le plusd’emportement qui, dans l’armée, avaient entretenu avecles insurgés des relations dangereuses.
Du côté de la place Sathonay, à l’entrée delà rue Saint-Marcel, une barricade avait été construite, et les soldatsenvoyés pour l’enlever paraissaient hésiter. Le colonelMounier se jette en avant, tombe mort, et la barricade estfranchie. Mais aussitôt la troupe monte dans des maisonsqu’on vient de désigner à sa vengeance, et elle se répandde toutes parts, saisie d’une rage aveugle. Un honorablecitoyen, M. Joseph Rémond, était assis paisiblement à sonfoyer : on le tue. Non loin delà, l’appartement de M. Bauneest envahi. La veille, M. Baune s’était traîné malade parla ville : puis, l’excès de la souffrance l’ayant ramenédans sa demeure, il y était resté enchaîné à son lit parune paralysie aiguë. 11 avait auprès de lui sa femme et leplus jeune de ses enfants, quand les soldats parurent. Et,comme ils couraient l’égorger, lui, se redressant à demiet rassemblant ses forces, il s’écria : « Républicain, c’est« sur la place publique que je dois être fusillé. Vous ne« m’égorgerez pas devant ma femme et mon fils ! » Déjà,en effet, pour le protéger, l’ofiicier s’avançait, le cœurattendri et l’œil humide. Mais qu’aurait pu sa voix sur deshommesqueleur fureur égarait? Heureusement, on atten-