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Tome quatrième.
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CHAPITRE V.

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dait de M. Baunedes révélations importantes : l’ordre dele garder prisonnier arriva, et l’on se contenta de leconduire à l'hôtel-de-ville, les soldats l’accablant d’in-jures, et lui leur opposant des paroles hautaines ou unfroid dédain.

Le sang enivre, qui l’ignore? et il n’est pas d’atrocitésauxquelles ne se puissent porter des natures incultes, par-tout où s’élève la vapeur du sang. Il y en eut, dans cettejournée du 10 avril, d’épouvantables exemples. Sur lepont Tilsitt, des grenadiers furent vus entraînant un pri-sonnier qu’ils avaient résolu de précipiter dans la Saône .Mais la victime avait saisi un des meurtriers par le corpset ellele tenait étroitement embrassé. Un coup part. Le mal-heureux roule sur le pavé. Alors, s’éloignant de quelquespas, tous les soldats font feu à la fois sur son agonie. Ilssoulèvent ensuite le cadavre, le balancent, avec des riresaffreux, au-dessus du parapet, et le lancent dans l’eau.Des baliveaux qui sortaient de la rivière accrochèrent lecorps, et les grenadiers continuèrent à le cribler de balles,s’en servant comme d’une cible.

Ce ne fut pas, du reste, le crime de tous que cetteexécrable férocité. Il y eut des points où retenues prison-nières par les troupes qui bivouaquaient dans les rues,des femmes d’insurgés furent traitées non-seulement avecégard, mais avec générosité, et partagèrent le pain dusoldat. Un insurgé venait de tirer à bout portant sur unofficier ; il le manque, se découvre la poitrine et dit : « A« ton tour ! » Alors, par une admirable inspiration degénérosité : « Je n’ai pas coutume de tirer de si près sur« un homme sans défense, répond l’officier. Va-t-en. 1 »

1 Nous empruntons cette anecdote à une brochure publiée par M. Sala,