CHAPITRE V.
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prouvaient que des refus. L’insurrection, d’ailleurs, flot-tait au gré du hasard, la direction ayant échappé auxmains de ceux qui étaient naturellement appelés à en sup-porter le fardeau, et la dispersion du comité des Droitsde l’Homme étant complète; car MM. llugon, Martin etSylvaincourt s’étaient trouvés, dès l’origine, éloignés desdivers centres d’action, et M. Baune attendait dans les ca-chots de l'hôtel—de—ville ce qu’il plairait à ses ennemis dedécider de son sort. Quant àM. Albert, séparé des siens,lui aussi, et trop connu pour se montrer à Lyon impuné-ment, il avait d'abord cherché refuge chez un de ses amis,dans la maison même que M. Chégaray habitait; puis, dé-guisé en prêtre, et des pistolets sous sa robe d’emprunt,il s’était risqué dans la ville, poussé par une inquiétude,hélas! trop légitime.
Ainsi, pour éteindre l’insurrection, le soir du 10 avril,il suffisait en quelque sorte de souffler sur elle. Et cepen-dant, chose remarquable ! l’autorité militaire mit en déli-bération et résolut l’évacuation de la cité. Mais l’autoritécivile connaissait trop bien par ses agents le secret de lasituation, pour ne pas faire révoquer l’ordre, déjà donné,de la retraite; et il fut décidé que l’armée continuerait àcamper dans les ruines sanglantes qu’elle venait de faire.
Pour la seconde fois depuis le commencement des trou-bles, la nuit venait de suspendre les hostilités. Le tempsétait triste et chargé de neige. Autour de grands feux,les soldats veillaient, la llamme éclairant de ses refletsleurs regards empreints de défiance et leurs visages pâlisparla fatigue. On voyait çà et là, couchés sur la paille etbivouaquant aussi, des enfants et des femmes qu’on avaitarrêtés au passage, prisonniers dont tout le crime était