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HISTOIRE DE DIX AMS.
et l’on y laissa deux pièces de canon si mal enclouées,que, le lendemain, les insurgés purent, après un travailde quelques minutes, les transporter à Fourvières, d'oùils se mirent à tirer sur la place Bellecour, avec des mor-ceaux de fer et de la poudre séchée au soleil !
Quoi qu’il en soit, la lutte s'était ranimée le 11, avecles mêmes circonstances et le même caractère. Mais le 12,il devint tout-à-fait manifeste que, pour dominer la ville,l’armée n'avait plus qu'à le vouloir. Alors seulement, onse décide à un vigoureux effort, et, tandis qu’on occupela Guillotière, qui n'était pas défendue, le faubourg deVaise, qui nel’était guère davantage, est impétueusementenvahi. Là furent commis des actes de barbarie dontnotre plume hésite à retracer l’image. Un coup de fusilayant été tiré, rue Projetée, devant la maison du cabare-tier Chagner, les soldats s’élancent dans cette maison dé-cidés à faire main-basse sur tous ceux qui l’habitent- Unvieillard de 74 ans, nommé Meunier, était au lit; on luitire dessus, et si près, que le feu prend aux couvertures ;il respirait encore, on l'achève d’un coup de hache. ClaudeCombe, qui veillait au chevet de son frère mourant, esttraîné dans la rue et fusillé. Jean-Claude Passinge, préci-pité par la fenêtre, est assommé sur le pavé à coups decrosse. Les soldats égorgent Prost et Lauvergnat, aprèsles avoir liés dos à dos, en souvenir sans doute des hi-deux mariages d'une autre époque. Un homme paisiblenommé Dieudonné fut trouvé dans sa chambre, tenantdans ses bras son fils âgé de cinq ans. A l’aspect des sol-dats furieux, le pauvre enfant criait : « Ne tuez point« papa ! » Mais le père, violemment séparé de son fils,est poussé au pied de l’escalier. L’officier donnant le signal