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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

mandé chez le général Gusler. On connaissait sa fermeté,son ascendant sur ses camarades, et l’on doutait de lafidélité des régiments. On se contenta donc d’adresser àcelui qu’on aurait pu faire arrêter comme conspirateur,des représentations dont on eut soin d’adoucir la sévérité.Thomas répondit sans faiblesse, sans imprudence. Maisson parti était pris. Cenvaincu sans doute que tant deménagements cachaient un piège, et qu’on n’attendait,pour sévir, qu’une occasion moins défavorable, il résolutde précipiter le dénoûment. Le 16 au matin, le ISationalet la Tribune ayant apporté à Lunéville la nouvelle erro-née que la garnison de Béfort venaitde proclamer la répu-blique, Thomas, Bernard et Tricotel se réunissent. Ondécide qu’il faut agir, et Tricotel, en tenue de casque etsabre, part sur-le-champ pour Nancy , où Stiller, soncamarade, doit le mettre en rapport avec un des princi-paux chefs du parti républicain. Aussitôt, un mouvementinaccoutumé agite les quartiers des trois régiments ; lebruit se répand qu’on va se diriger sur Paris . Avertis dese tenir prêts à monter à cheval, les soldats font leursporte-manteaux, placent les selles sur les lits, s’approvi-sionnent d’eau-de-vie et achètent des pierres à feu. Déjàles conspirateurs ne se cachent plus de leur dessein. Ren-contrant un cuirassier occupé à nettoyer la poignée deson sabre : « Mieux vaut, lui dit de Regnier, en aiguiser« la lame. » En même temps, par les soins de Thomas etde Bernard, tous les sous-oflîciers ont été invités à serendre au Champ-de-Mars, après l’appel. A huit heuresdu soir, maréchaux-des-logis-chefs, maréchaux-des-lo-gis, fourriers, s’acheminaient mystérieusement vers lerendez-vous convenu, marchant dans les rues par groupes