HISTOIRE llE DIX ANS.
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bassadeur le servirent. 11 avait gardé de la vie des campsune liberté de mœurs qu’il n'avait nul souci de voiler, etlàge n'avait pas éteint chez lui tous les feux de la jeu-nesse. A Saint-Pétersbourg , une passion de théâtre l'ayantvaincu, il dédaigna de s’en cacher. L'imprudence étaitgrande; car Nicolas, soigneux de sa dignité, affectait uneaustérité imposante. Cependant les façons du maréchal nelui déplurent pas, et il lui sut gré de sa franchise toutemilitaire. Bientôt, entre l'empereur et la maréchal Maison,il s'établit une intimité de propos hardis dont la faveurn'avait jamais été accordée à ancun courtisan russe, quelqu’eût été son crédit. Il est un châtiment de l'orgueil quifait partie de l'orgueil même : l'ennui ; et les plus fierssouverains sont à ce point esclaves de leur propre majestéque, pour se sentir un peu libres, ils sont quelquefois obli-gés de descendre. Soit tolérance exceptionnelle, soit fa-tigue du rang suprême, l’empereur en était venu à ouvriraux témérités du maréchal Maison une oreille complai-sante ; et celui-ci profita comme ambassadeur de tout cequ'il avait su se faire permettre comme soldat.
11 y avait alors parmi les personnages les plus influentsde la cour de Russie , non pas précisément deux partisopposés, mais deux tendances diverses. Les uns, tels quele maréchal Paskewitch, le prince Wolkonski, le ministrede la guerre Tchernichef, apportaient dans leurs préoccupations nationales un esprit exclusif et violent : c’étaientdevrais Russes . Les autres, tels que MM. de N'esselrode,Orloff et Bekendorff, auraient désiré qu'en toute chose ontînt compte de l’état de l'Luiope, et qu'on fit, autant que-possible, cause commune avec elle. C’étaient les Russes adoucis et polis par le contact de la diplomatie des difie-